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La note bleue, l'essence du blues

Accord, note, orgue, composition… La musique et le parfum partagent bien plus qu’une alchimie sémantique. Ils ont en commun ce même caractère impalpable, ce même pouvoir de faire naître des émotions. Entre ombre et lumière, joie et mélancolie… La mélancolie, un sentiment qu’exprime si bien la note bleue, dans le jazz et le blues. Mais qu’est-ce que la note bleue ? Peut-on la transposer dans un parfum? 

« De la Nouvelle-Orléans à Nashville. Route de nuit. 5:47 AM. Le jour se lève à peine sur le delta du Mississippi. La radio joue du blues. La note bleue crée ce contraste magique entre lumière et obscurité, joie et mélancolie. » C’est ce souvenir de voyage baigné de musique, que Pierre Guguen raconte à Amélie Bourgeois pour créer Vétiver Overdrive. Une ode à la note bleue, icône de la musique afro-américaine des Etats-Unis à l’aube du XXème siècle.

Aux racines du blues.

La note bleue est une note jouée dans le blues et le jazz avec un abaissement d’un demi-ton aux 3ème, 5ème et 7ème degrés de la gamme. Il s’agit le plus souvent d’une quinte diminuée, qui donne sa couleur musicale au blues, reprise plus tard par le jazz. 

Cette fameuse note bleue vient des sonorités blues et en partie des « work songs ». Héritage musical de l’esclavage, ces chansons sans accompagnement d'instruments sont le symbole d’une recherche d'harmonie et d'unité. Vibration qui clame la douleur, la peine et la résilience face à l'injustice, un refuge face à l’oppression. Ce sont des notes dissonantes, ni majeures, ni mineures, qui créent une tension et un déséquilibre porteurs d’une émotion singulière.

Le terme blue vient de l'abréviation de l'expression anglaise « blue devils » (littéralement « diables bleus », les idées noires). Les musiciens et chanteurs de blues et de jazz jouent de cette note pour exprimer le sentiment de nostalgie ou de tristesse. 

Une note signature du blues et du jazz.

Cette note bleue colore les plus beaux thèmes du jazz et du blues. Un petit supplément d’âme qui vient du cœur des jazzmen. 

Parmi les maîtres de la note bleue : Miles Davis et John Coltrane. Les altérations maîtrisées de leurs gammes nimbent presque leur musique d’une dimension mystique. On retrouve aussi la note bleue au cœur du morceau Sweet Home Chicago de Robert Johnson, ou Summertime de George Gershwin.

Cette même note bleue donnera son nom au légendaire label Blue Note, ainsi qu’au célèbre club de jazz new-yorkais ouvert à Greenwich Village en 1981, une institution à part entière.

La note bleue, de la musique au parfum. 

Tout l’enjeu était de traduire cette note bleue olfactivement, de restituer cet effet de tension dans la formule de Vétiver Overdrive. Le vétiver s’est imposé dès le début comme une évidence, car cette racine ancrée dans la terre entre en résonance avec le blues. 

Un vétiver que la parfumeuse Amélie Bourgeois a éclairé de la fraîcheur du géranium, pour ciseler un effet de contraste propre à la note bleue. Un vétiver qu’elle a twisté de bois ambré, électrique, pour créer cette tension qu’offre la note bleue. « L’ambroxan vient réchauffer l’accord boisé aromatique, et le faire vibrer en douceur. » explique Amélie Bourgeois. 

Vétiver Overdrive est mis en musique par le grand guitariste Justin Johnson. Né à Nashville, on le décrit comme « le magicien de la guitare blues roots américaine ». Justin a un répertoire extrêmement varié, mais il est surtout connu pour son œuvre rock'n'roll, blues et country.