Mono Cachemire : behind the scenes x Nathalie Feisthauer
Pour L’Orchestre Parfum, Nathalie Feisthauer a ciselé un musc moderne. Un musc “seconde peau”, pensé comme un voile de cachemire. Un musc d’une douceur caressante, qui épouse le son enivrant du Kick Lo-Fi.
Chaque fragrance de L’Orchestre Parfum s’accorde à un style de musique, à un son qu’affectionne le fondateur, Pierre Guguen. Un hymne à la synesthésie, qui marie ici l’odorat à l’ouïe, le parfum à la musique. Deux formes sensorielles, artistiques, que tout unit, du langage à l’émotion. Avec ce même pouvoir d’éveiller, d’envoûter et de raviver les souvenirs. C’est d’abord le nez qui compose la fragrance. Pierre Guguen la partage ensuite avec un virtuose de son choix, qui a carte blanche pour la mettre en musique.
Depuis ses débuts, la marque a exploré différents horizons, du classique à l’électro, de la musique du monde au jazz, en passant par la techno minimale… Place, pour ce douzième opus, au son lent, flouté, du Kick Lo-Fi, que Mono Cachemire incarne à travers un musc flottant et enveloppant. Une fragrance musicale interprétée par EEVEE, productrice majeure de la scène Lo-Fi.
A l'origine, l’envie de moderniser le musc
L’idée de renouveler le musc d’une écriture fluide, moderne, s’est imposée comme une évidence. Car Mono Cachemire est né d’un dialogue constant entre Pierre Guguen et Nathalie Feisthauer. Elle, qui a travaillé dans des grandes maisons de composition avant d’être indépendante, sait à quel point cet échange est précieux. “J’aime travailler à partir des histoires que me livre le créateur. C’est ce que j’aime dans la parfumerie de niche, cette discussion, ces aller-retours”, affirme-t-elle.
En 2020, Nathalie Feisthauer avait signé pour la marque Electro Limonade. L'expression d’un moment joyeux, comme peut l'être un verre en terrasse entre amis. Une fragrance feel good, imaginée durant le confinement (récompensée par un FIFI AWARD en 2021). Mono Cachemire est lui aussi un parfum feel good, mais comme peut l'être un moment pour soi. Or qui sait mieux que le musc traduire ce côté intimiste ?
Un musc, certes, mais revisité d’une écriture contemporaine.
Un voile de cachemire olfactif
Ce musc, Nathalie Feisthauer le voulait moderne, “loin du côté lourd, trop ouvertement charnel, que dégagent certains muscs”, explique-t-elle. Pour lui insuffler de l’élégance, elle a travaillé autour de l’ambrettolide, une de ses matières fétiches. Un musc sophistiqué, d’une sensualité lumineuse, qu’elle a habillé de muscenone, une molécule aux inflexions poudrées. Un bouquet de muscs sculpté avec légèreté. “Un halo présent et aérien à la fois, dans lequel on a envie de se lover, comme un voile de cachemire”.
Pour lui apporter de la fluidité, elle a gorgé ce musc de lumière, jouant de baies roses, d’une touche de poire et d’aldéhydes. Mais aussi de graine de carotte, une autre de ses matières fétiches, qu’elle apprécie pour son originalité. Avec son côté montant, irisé, celle-ci rehausse la rondeur du musc, “comme une crème fouettée” affirme Nathalie Feisthauer. En cœur, l’absolu de jasmin sambac offre de la texture à l’ensemble.
Au porté, Mono Cachemire dégage quelque chose de léger et dense à la fois, de rond et vaporeux, à l’image du pull en cachemire qui l’a inspiré. L’ensemble oscille entre la clarté de la poire, des aldéhydes, et les notes de fond boisées, plus sombres. Entre le montant des baies roses en tête, et la rondeur onctueuse des muscs, que souligne le côté velouté du cashmeran. Un sillage sensuel et douillet, enveloppant et impalpable en même temps, comme une seconde peau.
Le réglage des aldéhydes, une étape clef
Il aura fallu près d’un an pour voir éclore Mono Cachemire. De nombreux ajustements pour parvenir au parfait équilibre. Notamment pour le dosage des aldéhydes, qui incarnent le côté digital, synthétique, des machines dans le studio du DJ. Ces fameux séquenceurs qui offrent au Lo-Fi ce souffle vintage, “crunchy” et ‘“low-fidelity”. Plusieurs essais pour que les aldéhydes soient présentes sans dominer. Alors Nathalie Feisthauer a baissé le dosage, soutenant les aldéhydes de graine de carotte, de poire, de baies roses, pour l’effet lumière, “lazer”. Comme l’explique Pierre Guguen, “tout l’enjeu a été d’utiliser les aldéhydes pour évoquer le signal synthétique, quasi ‘reverb’ que l’on ressent dans les fréquences Lo-Fi, sans perdre la pureté et le plaisir de la note. Il a fallu “régler” le volume des aldéhydes au bon niveau pour trouver l’harmonie désirée”.
“J’ai une écriture où je passe plus de temps à enlever qu’à rajouter” ajoute Nathalie Feisthauer. Un parti-pris qui a libéré la formule, pour révéler d’autres facettes de l’accord. “C’était essentiel d’atténuer la présence des aldéhydes, puissantes, car l’accord devait, avant tout, rester une caresse enveloppante” renchérit Pierre Guguen. Préserver la souplesse, la douceur confortable, ouatée, des muscs, sans jamais renier l’élégance et la lumière qui émanent du parfum.
A travers Mono Cachemire, Nathalie Feisthauer a tissé un voile soyeux, ondoyant, de sa signature simple et raffinée. Une nouveauté à découvrir sur le site de L’Orchestre Parfum et dans ses points de vente, au format découverte de 15ml et 100ml.
Rédigé par Sophie Normand pour L'Orchestre Parfum
Échanges recueillis lors d’une entrevue à Esxence - Mars 2024